Groupe L Carrier : Cardiomyopathies hypertrophiques familiales
La cardiomyopathie hypertrophique (CMH) est une maladie génétique du myocarde caractérisée par une hypertrophique ventriculaire gauche qui touche préférentiellement le septum interventriculaire, une dysfonction diastolique, et une fibrose interstitielle importante. Plus de 450 mutations différentes ont été identifiées dans des gènes codant des protéines du sarcomère cardiaque. Les deux gènes les plus fréquemment mutés (~80% des familles) codent la chaîne lourde beta de la myosine (beta-MHC) et la protéine C cardiaque (cMyBP-C).
- Génétique des cardiomyopathies hypertrophiques
Les premières mutations ont été identifiées en 1990 dans le gène MYH7 codant la beta-MHC par l’équipe de C. Seidman (Boston), ce qui a ouvert la voie de la génétique en cardiologie. Très rapidement, différentes études ont montré une hétérogénéité génétique importante. En particulier, le développement en 1992 d’un réseau français sur les CMH coordonné par K. Schwartz et M. Komajda, puis d’un réseau européen coordonné par R. Isnard (Eurogene Heart Failure, Leducq Foundation 2000-2004) ont permis de recruter un très grand nombre de cas index et de leur famille. Les résultats majeurs obtenus par notre groupe sont les suivants :
3. détermination de la structure et de la séquence complète du gène MYBPC3 et demonstration que la plupart des mutations résultent en des protéines tronquées (
Carrier et al., Circ Res 1997)
- Role de la protéine C cardiaque dans la cardiomyopathie hypertrophique
Ce projet évalue le rôle de la protéine C cardiaque (cMyBP-C) dans l’organisation et la fonction du sarcomère dans les conditions normales et pathologiques. Les résultats principaux obtenus par l’équipe sont les suivants :
4; les souris hétérozygotes déficientes en cMyBP-C dévelopent une hypertrophie septale asymétrique, constituant ainsi le premier modèle murin avec la caractéristique majeure de la CMH (
Carrier et al., Cardiovasc Res 2004)
- Le système ubiquitine-protéasome dans la cardiomyopathie hypertrophique
Ce projet a commencé avec la découverte de l’instabilité des protéines cMyBP-C tronquées après transfection de myocytes cardiaques (
Flavigny et al., J Mol Biol 1999). Le projet consiste à évaluer l’implication des systèmes ubiquitine-protéasome (UPS) et lysosome-autophagie dans la dégradation des protéines tronquées et d’analyser ces systèmes de facon plus globale dans les CMH et l’insuffisance cardiaque. Les résultats principaux sont les suivants :
3. la régulation de l’expression d’une mutation dans un modèle murin de CMH (knock-in) implique non seulement le système UPS mais aussi le nonsense-mediated mRNA decay, et résulte en trois types de mRNA mutés, faux-sens, nonsense, et rephasage du cadre de lecture après saut d’exon (
Vignier/Schlossarek et al., Circ Res 2009)
Les projets actuels et les perspectives de recherche concernent l’évaluation de différentes approches thérapeutiques de la CMH. Nous focalisons sur des approches pharmacologiques (inhibition du protéasome, beta-bloquants, inhibitions des canaux calciques, sodiques et de l’échangeur sodium/proton) et sur la correction de l’ARN (saut d’exon et trans-epissage).
Mise à jour : Avril 2010